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Histoire du château de Galinée


 

Histoire du château de Galinée

Tous nos remerciements à Michel Schwerer pour le résumé de cette petite histoire bretonne fruit de ses recherches aux archives des Côtes d'Armor, de son érudition en histoire de France et de ses nombreuses lectures.

Texte reproduit avec son aimable autorisation

Galinée était une châtellenie de haute justice très ancienne, dont le château relevait de l’abbaye de Saint-Jacut, et la majeure partie des fiefs de Matignon ou de Lamballe. Cela tenait au fait que Galinée s’était accru au cours des siècles des terres de La Corbinaye en Saint-Potan, de Baulieu et de La Ville-Corbin en Saint-Cast. Sa puissance féodale s’étendait sur les paroisses de Saint-Potan, Pléboulle, Pluduno, Saint-Cast et Saint-Germain-de-la-Mer (aujourd’hui Matignon).

La forteresse primitive de Galinée fut sans doute, mais il n’en reste aucune trace, un château fort, ceint de tours et de courtines crénelées, et entouré de fossés remplis d’eau, dont les étangs existant encore en 1913 n’étaient qu’un faible souvenir.

Aux XVIe et XVIIe siècles la forteresse primitive est remplacée par une immense construction de style Renaissance. Des fenêtres à meneaux en croix, encadrées de guirlandes d’oves, décorent la façade principale. Celles des combles sont couronnées de frontons à coquilles.  

Le château se compose alors d’un corps principal de bâtiments avec pavillons et de deux ailes parallèles formant une cour intérieure pavée, fermée de murs peu élevés, surmontés peut-être d’une grille. L’un des pavillons, qu’on appelait « le dôme » devait être fort élevé, d’où cette locution en usage dans le pays, rapportée par le chanoine Tréguy : « Haut comme le dôme de Galinée ».

Une chapelle est fondée au début du XVIe siècle, soit, selon certains documents, par Guy des Cognetz et Françoise Gautron sa femme, ou par Mathurin de Bréhant et Gilette des Cognetz, leur fille.

Elle sera reconstruite en 1715.

De nombreuses avenues, seize dit-on !, conduisent alors à Galinée. La principale, large et longue, plantée de hêtres, se termine par un portail monumental.

On a dénombré 14 avenues, ce qui n'est déjà pas mal, sur le cadastre napoléonien, dont voici la photo.

Fig. 1 : cadastre napoléonien (1826)

L’ensemble est complété par des viviers et pièces d’eau, un colombier de 800 boulins, un bâtiment vouté en pierre appelé « les Archives », et des dépendances.

Il ne reste aujourd’hui de cette splendeur passée que les anciennes dépendances, encore fort imposantes, le colombier, la chapelle reconvertie en maison d’habitation, une maison de maître construite en 1851 et une tourelle à pans coupés avec une porte du XVIe siècle avec pilastres cannelés.

Les dessins d’Henri Frotier de La Messelière, datant du début du XXème siècle, donnent une bonne idée de ce qu’était encore Galinée à l’époque. Les pierres dessinées sont aux armes des familles des Cognetz1 et Bréhant2.

Fig. 2 : Galinée en 1917

 

Fig. 3 : Détails

 

 

Un manoir moderne a été construit en 1972, par Georges de Francheville, au sud de la cour. Le fronton est illustré des armes de la famille de Francheville : d’argent au chevron d’azur chargé de 6 billettes percées d’or, posées en chevron, 2, 2 et 2 avec la devise « Honneur et Bienfaisance ».

Galinée exerçait, pour les terres relevant du duché de Penthièvre, un droit de moyenne ou de basse justice, suivant les fiefs concernés, et on trouve aux archives des Côtes-d’Armor quelques pièces sans grand intérêt, datant du milieu du 18ème siècle, attestant de cette juridiction. J’ai par contre retrouvé, toujours aux archives, un document beaucoup plus intéressant: un rentier de la seigneurie de Galinée datant du milieu du 17ème siècle qui permet d’avoir une bonne idée de l’étendue de la seigneurie à cette époque, des revenus des fiefs et de l’exploitation des différentes métairies.

Plusieurs aveux, faits aux propriétaires successifs de Galinée, et concernant des terres relevant du duché de Penthièvre, sont aussi conservés aux archives.

II- Famille des Cognetz

Galinée fut, jusqu’au XVIe siècle, le manoir principal de la branche aînée de la famille des Cognetz, qui avait abandonné de bonne heure la résidence de leur manoir patronymique des Cognetz, en Plurien.

I- Parcevaux (ou Parceval) des Cognetz

Galinée fut bâti par Parcevaux des Cognetz, qui épouse en 1280 Jeanne Goyon-Matignon. On peut penser que la construction se fit sur un bien dotal de son épouse, que l’on croit fille d’Etienne II Goyon (la particule a été ajoutée plus tard). La date exacte de cette construction reste inconnue, mais elle intervient avant 1315, car Galinée est occupé à cette époque par Parcevaux II des Cognetz qui suit.

 

II- Parcevaux II des Cognetz

Parcevaux II (fils de Parcevaux I ?)  des Cognetz, épouse Aliette de Saint-Denoual. Ils habitent à Galinée en 1315, et ont pour enfant :

 

III- Jean Ier des Cognetz

Jean Ier des Cognetz, épouse Mahaut de Plouër, d’où :

 

IV- Jean II des Cognetz

Jean II des Cognetz, épouse Thomine d’Yvinac, fille d’Olivier d’Yvignac et de Catherine de Montboucher, d’où :

 

V- Bertrand des Cognetz

Bertrand des Cognetz, épouse Marie de Bodégat, d’où :

- Pierre des Cognetz, épouse Françoise de Kergu, dont il n’aura pas d’enfant ;

- Guyon, qui suit.

 

VI- Guyon des Cognetz

Guyon des Cognetz, seigneur de Galinée, épouse par contrat du 18 novembre 1506, Françoise Gautron, fille de Raoul Gautron et de Jacquette de La Touche à la Vache.

D’après Daniel de La Motte-Rouge, ce sont probablement eux qui édifièrent le manoir du XVe siècle, construisirent la chapelle domestique et en fondèrent une autre au couvent des Augustins de Lamballe, en 1534, « où l’on voyait leur figure représentée dans l’attitude de la prière, l’homme en habit de chevalerie, avec la cotte d’armes chargée de son léopard et la robe de la dame chargée de son écusson parti de celui de son mari ». Je pense qu’il se trompe et qu’il faut attribuer à leur fille Gilette et leur gendre Mathurin de Bréhant cette construction et ces fondations. En effet les armes figurant sur la cotte du gisant des Augustins sont celles des Bréhant et nous avons vu que sur l’une des pierres armoriées de Galinée figurait un écu aux armes écartelées Bréhant/des Cognetz.

Guyon des Cognetz et Françoise Gautron laissent deux enfants, l’aîné, Charles, non marié, et Gilette qui hérite donc de tous les biens des Cognetz de Galinée.

III- Famille de Bréhant

VIII- Mathurin de Bréhant (ou Bréhand)

Mathurin de Bréhant, né le 10 août 1506, chef de nom et d’arme de sa famille, seigneur de Belleissue en Maroué, épouse par contrat du 2 août 1530, Gilette des Cognetz. Il était le fils de Jehan de Bréhant, dit le « capitaine Bonnet »*, du nom de sa terre le Clos-Bonnet, et de Françoise de Kergu, veuve de Pierre de Cognetz. Gilette des Cognetz épousa donc son demi-cousin germain. Le patrimoine des Bréhant, qui possédaient Beaulieu, en Saint-Cast, La Corbinaye et la Ville-Corbin, en Saint-Potan, et Belleissue, en Maroué, se trouva ainsi fortement augmenté.

Revenons à Mathurin de Bréhant, aîné de sept enfants (quatre garçons et trois filles), qui comme ses cadets fait les guerres d’Italie. Il y commande une compagnie de 500 hommes dans le corps d’armée qu’y avait envoyé François Ier pour combattre Charles Quint. On raconte que son épouse, Gilette des Cognetz, ayant été naguère courtisée par Jean d’Acigné, sgr de Plorec, Mathurin de Bréhant l’avait blessé en duel et que par rage et désespoir M. d’Acigné était parti servir en Italie. Mathurin de Bréhant l’y avait retrouvé, qui n’avait pas oublié ce duel. Il préféra repasser les Alpes et rentrer en France. Il fit bien car deux de ses frères, Jean et Claude, trépassèrent au-delà des monts.

Note * :  Le capitaine Bonnet combattit en Italie, avec Bayard, et fut laissé pour mort sur le champ de bataille de Ravenne (1512), ayant reçu un coup de pique au front, où le fer resta.
 Ce sont donc Mathurin de Bréhant et Gilette des Cognetz qui, à notre avis, construisirent le château renaissance.
Huit ans après son mariage, en octobre 1538, Mathurin de Bréhant meurt à Galinée,
des suites de ses blessures de guerre dit-on. Il eut six enfants, élevés ensuite en tutelle. Seuls trois garçons survécurent :

- Jehan, l’ainé, qui suit ;

- Rolland, seigneur de Beaulieu ;

- François, seigneur du Clos.

 

IX- Jehan de Bréhant

Jehan de Bréhant, écuyer, seigneur de Belleissue et de Galinée, né le 8 août 1533, épouse, en 1572, Jeanne du Plessix-Mauron. Il meurt jeune et son épouse se remarie, en 1586, avec Jean du Gouray, sgr de La Coste, dont elle aura aussi une descendance.

Jehan de Bréhand fait l’aveu, le 4 novembre 15461, des terres relevant du duché de Penthièvre, c'est-à-dire le fief de moyenne justice de La Corbinaye, contenant « scix estaigers » et trente-trois journaux, et le moulin de Morfouace. Cet aveu fait par Jacques de Bréhant, seigneur du Clos, curateur de son neveu Jehan de Bréhant, se trouve aux archives des Côtes-d’Armor (1E 362).

Jehan de Bréhant avait eu un bâtard reconnu, Sébastien, dit le « bâtard de Galinée », capitaine de Ploërmel pendant la Ligue, qui épousa Guyonne de Lorgeril, et cinq enfants légitimes, dont deux fils  et une fille:

- Louis, qui suit ;

- François, né le 20 avril 1575. Durant les guerres de la Ligue, il s’engage sous les ordres de Toussaint de Beaumanoir,  du baron du Pont et est tué lors d’une rencontre avec les ligueurs en 1596 ;

- Jeanne, qui épousa Jean de Boisjagu

 

X- Louis de Bréhant

Louis de Bréhant, sgr de Galinée, nait le 13 avril 1572. Il prend, contrairement à son frère, le parti du duc de Mercœur qui lui confie une compagnie d’arquebusiers à cheval, à la tête de laquelle il est blessé à la bataille de Craon, en 1592. En 1598, Mercœur lui donne une commission pour lever 200 hommes de guerre dans son pays. Peu après il est pris lors d’une rencontre, près de Montmuran, par les capitaines de La Motte-Basse et Artus de Cahideuc, qui le mettent en rançon. Louis de Bréhant, dont Belleissue avait été rasé et Galinée à moitié brulé, n’avait pas un sou vaillant. Il supplie, en 1598, le duc de Montpensier, chef des troupes royales de modérer l’ardeur de ses rançonneurs. Son appel fut probablement entendu, puisqu’on le retrouve libre, maréchal de camp du duc de Mercœur, jusqu’à la soumission de celui-ci.

Louis de Bréhand épouse, par contrat du 30 décembre 1599, Catherine Huby, fille de Jean Huby (Note : Seigneur de Kerlosquet, en Saint-Caradec (Côtes-d’Armor), et de La Soraye, en Quintenic (Côtes-d’Armor))., sénéchal d’Hennebont, membre du Conseil de la Reine, dont le dévouement à Henri IV était bien connu, et de Péronnelle Bertho. Le mariage est célébré, à Saint-Jean de Lamballe, le 16 février 1600. En cadeau de noces, Henri IV nomma, le 6 janvier suivant, Louis de Bréhant gentilhomme ordinaire de sa chambre et capitaine de 50 hommes d’armes de ses ordonnances. On ne sait rien de la suite de sa vie militaire, peut-être partit-il avec Mercœur combattre les Turcs, mais rien n’est moins sur !

Revenons à Galinée. Un acte de 1601 parle « du chastel, maison et manoir de Galinée ». Le 18 février 1608, Louis de Bréhant rend aveu pour Galinée à son jeune cousin Louis de Bréhant, abbé commandataire de Saint-Jacut « Savoir est la maison et manoir de Galinée consistant en trois grands corps de logis, colombier, bois de haute futaie, etc ».

En 1624, Louis de Bréhant écrit son testament : « Dans le cas que je meure à Galilée (Note : autre nom de Galinée), où je suis retiré, je désire être enterré dans l’enfeu de mes prédécesseurs, seigneurs de Belleissue et Mouéxigné (aux Augustins de Lamballe). Je veux qu’il ne soit fait aucune dépense à mon convoi d’enterrement. Je veux qu’il y ait cent pauvres des plus nécessiteux qui auront une aulne de drap, et parce que portant les armes particulièrement ayant des commandements dans les armées, il s’est commis beaucoup de concussions tant par les gens d’armes que par mes serviteurs à mon su et à mon insu, en Bretagne, principalement étant plus jeune, je donne la somme de 9000 livres soit 150 livres à l’hôpital de Dinan, 150 à l’hôpital de Saint-Méen, etc ».

Louis de Bréhand meurt à Galinée le 6 avril 1633 à « environ nuit fermée », laissant trois garçons :

-Jean, qui suit ;

-Charles, né le 27 septembre 1607, page des écuries du Roi, qui ne laissera qu’un bâtard, né de Marguerite Vidard, dame de la Touche. Il mourut en 1662. Celui-ci, baptisé à Landéhen en 1662, il sera plus tard connu sous le nom de Charles de La Soraie.

-François, dit le baron de la Lande, fut page des écuries du Roi puis aide de camp du Roi, par brevet de 1648. Il épouse, en 1655, Anne de Lesmelleuc, demoiselle de la Vigne en Hénansal, où il vécut jusqu’à sa mort ;

-Guy, né en 1606, religieux carme sous le nom de père Martial de Bréhand,

-Louis, né en 1620, d’abord capitaine de cavalerie puis capucin sous le nom de pére Armand de Bréhand.

XI- Jean de Bréhant

Jean de Bréhant, né en 1605, page des écuries du Roi, puis capitaine de cavalerie. Il est le premier de sa famille à quitter l’épée pour la robe, en étant conseiller au Parlement de Bretagne puis conseiller d’Etat par lettres patentes du 12 juin 1649. En 1655, à l’occasion du mariage de son fils aîné, Maurille, il obtient du Roi l’érection en baronnie de sa terre de Mauron (qui lui venait de sa grand-mère paternelle). Il meurt à Mauron le 7 janvier 1681, laissant huit enfants vivants, de son mariage avec Françoise Le Fer de La Motte, dont :

- Maurille, qui suit ;

- Claude, né en 1643, page de la grande écurie en 1658, officier aux gardes, qui reçoit en partage la terre de Mauny en Saint-Alban. Il épouse l’héritière de la Ville-Hatte, toujours en Saint-Alban ;

- Jean-Gilles, né en 1641, dit le chevalier de Galinée, officier aux gardes est tué au siège de Lille (1677).

- René, homme d’église, docteur en Sorbonne, vicaire apostolique au Canada, meurt à Libourne en 1678, sur le chemin de Rome à Québec ;

- Marie, supérieure au couvent de la Visitation, à Rennes. On lui doit la construction du Colombier.

- N. religieuse à Saint-Georges.

XII- Maurille de Bréhant

Maurille de Bréhant, baron de Mauron, comte de Plélo, né en 1631, conseiller au Parlement, épouse en 1654 Louise de Quélen. Il habite peu Galinée et confie la gestion de ses terres, Galinée, le Pont-Grossard, Lourmel et Mouéxigné à des fermiers. A la fin de sa vie, il est lieutenant des maréchaux de France pour l’évêché de Vannes. Il meurt, dans cette ville, en 1688, laissant :

- Louis Hyacinthe, né en 1666, mort en 1704, sans enfant de sa femme, Sainte du Gouray, comtesse de Guébriant ;

- Jean-François-Almaric, qui suit ;

- Jeanne-Marguerite qui épouse, le 8 octobre 1684, Charles de Sévigné, le fils de la marquise de Sévigné, qui trouve que sa « belle-fille n’a que des moments de gaîté, car elle est tout accablée de vapeurs. Elle change cent fois le jour de visage sans en trouver un bon. Elle est d’une extrême délicatesse. Elle ne se promène quasi pas. Elle a toujours froid. A neuf heures du soir, elle est tout éteinte. Les jours sont trop longs pour elle, et le besoin qu’elle a d’être paresseuse fait qu’elle me laisse toute ma liberté, afin que je lui laisse la mienne. Cela me fait un extrême plaisir … »1.

XIII- Jean-François-Almaric de Bréhant

Jean-François-Almaric de Bréhant, né en 1668, conseiller au Parlement de Bretagne, épouse en 1694 Catherine Le Febvre de la Falluère, fille du premier Président au Parlement et nièce de l’Intendant de Bretagne, Ferrand. On voit que le centre de gravité des Bréhant glisse du Penthièvre vers Rennes, il va vite se déplacer sur Paris. A la mort de sa sœur, Jeanne-Marguerite, il essaye de récupérer la charge de Lieutenant-Général en Basse-Bretagne, dont son oncle Charles de Sévigné était propriétaire. Pour paraître dans la capitale, où il s’installe dès 1703, Jean-François de Bréhant acquiert un hôtel, rue de Verneuil, pour 120000 livres. Souhaitant disposer de rentes plus faciles à percevoir que celles de différentes terres moyennes situées autour de Lamballe, il achète la seigneurie de Pordic, pour 135000 livres et vend le Lourmel2, le Pont-Grossard3, Mouéxigné et Galinée dont il se défait avec regret : « J’eu la faiblesse de croire mon oncle Ferrand, qui me conseilla de me défaire de ma terre de Galinée pour me libérer et me mettre à mon aise. J’avais beaucoup de répugnance : c’était une des terres anciennes de ma maison, placée en bon pays, d’un revenu très sûr. Je me laissais persuader et vendis Galinée sans y être contraint. J’en ai été fâché depuis ».

Galinée est donc vendu, à Jean Vivien, le 9 septembre 1712 pour la somme de 81000 livres. Mais avant de quitter cette demeure, M. de Bréhant, soucieux de faire maintenir les droits de sa famille dans la chapelle domestique, fit dresser un procès-verbal des innombrables armoiries réunies dans la chapelle de Galinée. Toutes les grandes familles du pays y étaient : des Cognetz, Kergu, Bodegat, Rohan, du Plessis, Le Voyer, du Boisboissel, Tournemine, etc. L’acte est dressé par le sénéchal de Galinée, François Morin de Grand-Champ, Jean Trotel le procureur fiscal, et le sieur Le Restif de la Fauvelais, fermier de la seigneurie qui habitait alors au manoir : « La chapelle du parc est bâtie de pierre de taille, avec quelques ornements de pierre taillés aux coins, et couverte d’ardoises sur laquelle il y a un clocher ou aiguille où est la cloche appendue … ».

M. de Bréhand, dernier seigneur de Galinée de sa famille, mourut le 5 mai 1738. Il aura une petite fille, Louise-Félicité, fille unique du célèbre « comte de Plélo »4 mort à Dantzig, qui épousera en 1740, le jeune comte d’Agenais futur duc d’Aiguillon, le célèbre vainqueur de la bataille de Saint-Cast. Nous ne savons pas si celui-ci vint voir les outrages faits par les Anglais au château du grand-père de sa femme.

1 Voir dans les lettres de Madame de Sévigné les très nombreuses citations concernant sa belle-fille, qu’elle disait avoir dans son estoc (dans ses ancêtres) du sang juif, ce qui est parfaitement faux.

2 Le Lourmel-Bonpas, en Andel, à ne pas confondre avec le Lourmel-Guyomard alors en Saint-Aaron, aujourd’hui sur Lamballe.

3 Le Pont-Grossard en Lamballe.

4 Louis Robert Hyppolite de Bréhant, comte de Plélo (1699-1734). Colonel d’un régiment de son nom.

IV- Famille Vivien

XIV- Jean Vivien

Jean Vivien, sieur de la Vicomté (en Plévenon), gentilhomme de la Grande Vènerie, fils de François Vivien et de Françoise Moucet de la Palme, acquiert donc Galinée en 1712. Il épouse Laurence Le Fer, d’une famille d’armateurs, originaire du comté de Blois, venue à Saint-Malo en 1488.

Sitôt installé, le ménage fait reconstruire à neuf, en 1715, la vieille chapelle des Bréhant, sous l’invocation de Notre-Dame de la Pitié, réutilisant quelques éléments en pierres sculptées, que l’on voit encore de nos jours. Le 8 novembre 1725, il fait l’aveu de la terre de Galinée pour ce qui relève du duché de Penthièvre.

Ils ont une fille, Marie Vivien, qui suit.

V- Famille Picot

XV- Michel Picot de Beauchesne

Marie Vivien, née à Saint-Malo, le 1er juin 1674, épouse, à Saint-Malo, le 8 juin 1705, Michel Picot de Beauchesne, né le janvier 1652, fils de Michel Picot de Closrivière et de Marie Joliff. Michel Picot de Beauchesne était veuf de Françoise Joliff, morte à Saint-Malo le 10 septembre 1704. Conseiller-secrétaire du Roi, Michel Picot de Beauchesne réside à Saint-Malo, où il s’enrichit dans le commerce. Il meurt le 27 novembre 1730 et sa femme lui survécut longtemps, achetant en 1752 le château du Guildo et des terres avoisinantes, pour la somme de 45000 livres. Michel Picot et Marie Joliff eurent au moins deux fils :

- N., dont on ne sait rien ;

- Michel, qui suit ;

XVI- Michel Picot de Boisfeuillet

Michel Picot, écuyer, sgr de Boisfeuillet en Pluduno, Galinée, baron du Guildo, né à Saint-Malo le 14 janvier 1712, épouse 1°, le 28 avril 1733, une cousine, Marie Picot de Presménil, fille de Michel Picot, conseiller-secrétaire du Roi, et de Jeanne-Elizabeth Nouël des Antons, 2°, le 26 octobre 1745, Françoise-Gillette Nouël, née à Saint-Malo le 30 septembre 1725, fille de François Nouël des Antons, écuyer, sieur de la Baronnie, en Saint-Servan, et de Catherine Raujou. La dot de sa première épouse lui permettra d’ajouter à son patrimoine la vicomté de Plédran avec le château du Plessis-Budes.

En 1758, les Anglais, après avoir forcé le passage du Guildo, s’avancent jusqu’à Saint-Cast, saccageant tout sur leur passage. Le recteur Maurice1, curé de Saint-Cast à l’époque, fait la relation suivante de leur passage le samedi 9 septembre : « … Ils entrèrent à Beaulieu, près de Sainte-Brigitte, où ils enlevèrent quatre couverts d’argent et beaucoup de linge. De là ils furent à Galinée où, après avoir brûlé les écuries et plus de 25 charretées de foin et tenté de mettre le feu dans plusieurs appartements, ils brisèrent glaces, fauteuils, armoires, buffets, etc., vidèrent tous les fûts de vin et de cidre, tuèrent le gardien et trois hommes du voisinage. La perte eût été encore plus considérable, sans une compagnie de nos troupes qui, passant fort à propos par là, tua six de ces maraudeurs et en fit sept prisonniers ».

Ce texte, écrit sur les registres paroissiaux de Saint-Cast, a fait l’objet d’une transcription dans le numéro spécial des Mémoires de la Société Archéologique et Historique des Côtes-d’Armor, édité à l’occasion du centenaire de la bataille de Saint-Cast.

Il laisse de son mariage :

- Jean-Marie, qui suit ;

- Charles-Pierre-César, sieur de Boisfeuillet, né à Saint-Malo le 21 mai 1744, capitaine de dragons, mort à Savannah (Etats-Unis) le 30 août 1800, d’où postérité aux Etats-Unis, de son mariage avec Anne-Marie de Larmandie ;

- Renée, qui épouse Alexis de Gouyon-Thaumatz, seigneur de Quefferon en Maroué ;

- Marie-Anne, qui épouse, en 1756, Pierre de Chappedelaine.

XVII- Jean-Marie Picot de Plédran

Jean-Marie Picot, écuyer, vicomte de Plédran, né à Saint-Malo le 21 décembre 1735. Il épouse à Saint-Malo, le 26 octobre 1769, Elizabeth-Charlotte-Gilette Locquet de Granville, née à Saint-Malo le 3 novembre 1747, fille de Charles-Jean Locquet, sgr de Granville, marquis de Fougeray (Ille-et-Vilaine), et de Jeanne-Marie-Guillemette du Couëdic. Il réside habituellement en l’hôtel Picot de Saint-Brieuc, possède autour de Saint-Potan, entre Matignon et Pluduno, près de 700 journaux (environ 350 hectares) de terre dont le château du Guildo. A Galinée les Picot menaient grande vie, avec une nombreuse domesticité et un médecin particulier.

Jean-Marie Picot émigra. Ses biens administrés par un négociant briochin, Jean-Marie Vésuty, furent confisqués nationalement, mais ce dernier en conserva la gestion. Les biens vendus furent rachetés par Marie-Anne de Chappedelaine, qui les rétrocédera à son frère.

Ses trois enfants, dont Michel-Jean qui suit, se partagèrent à la Restauration 200000 f sur le milliard des émigrés.

XVIII- Michel-Jean Picot de Plédran

Michel-Jean Picot de Plédran, né en 1770, chevalier de St-Louis, qui récupéra après la Révolution Galinée et le Plessis-Budes, ép. : 1° Perrine-Renée-Anne-Rosalie de Gasté, née à Boucé (Orne) le 1er avril 1778, morte sans postérité, fille de Joseph-René de Gasté, écuyer, sgr de Boucé, et de Marie-Thérèse Visdelou de la Goublaye ; 2°, en 1812, Aménaïde-Louise de Fontenay, fille de Pierre-Louis, comte de Fontenay, chevalier, sgr de la Ravallière, lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de St-Louis, et de Marie-Louise-Apollonie d’Arthus de Boyer, d’où :

- Michel-Jean Picot de Plédran, qui épouse Anne-Marie Hédou, d’où postérité ;

-Henri-Louis-Marie Picot de Plédran, né en 1817, mort en 1875, qui épouse Marie-Julie-Hyacinthe du Hamel de la Bothelière, d’où postérité ;

-Félix Picot de Plédran, mort en 1892, épouse Cécile Urvoy de Closmadeuc, d’où postérité ;

- Charles, qui suit.

XIX- Charles Picot de Plédran

Charles Picot de Plédran épouse N. Dunot. C’est lui qui, à la suite d’un incendie, détruisant en 1851 une grande partie du corps central du vieux château, reconstruit au milieu de l’ancienne cour du château une simple maison de maître. De son mariage il eut au moins :

XX- Charles Picot de Plédran

Charles Picot de Plédran, châtelain du Plessis-Budes, en St-Carreuc, et de Galinée, maire de Saint-Carreuc, épouse à Landerneau Paule Coué, fille de Louis Coué et de Stéphanie Radiguet. En 1913, les terres de Galinée étaient : la ferme de la Porte ou de Galinée, l’Aubénière, la Mare, la Ville-Talva, en Notre-Dame du Guildo , les Gatez, Bonnevie et la Lande-Basse, en saint-Potan. Il meurt veuf au Plessis-Budes le 17 juillet 1921, laissant une fille Paule, qui suit.

VI- Famille de Francheville

XXI- Elie de Francheville

Paule Picot de Plédran, épouse à Saint-Carreuc, en avril 1895, Elie comte de Francheville du Pellinec, chef de bataillon, chevalier de la légion d’honneur, mort à Paris le 6 janvier 1919, fils d’Amédée de Francheville. En 1905 ils rasent l’aile gauche de l’ancien château. Ils eurent deux fils :

- Pierre, né à Vannes le 11 mars 1897, qui épouse à Trégon le 8 octobre 1919 Germaine-Marie du Breil de Pontbriand, fils de Stanislas du Breil de Pontbriand et de Marie Guillotou de Kerever.

 - Daniel, né à Vannes, le 14 février 1898, qui épouse à Lvown (Pologne), en 1921 Marie Rusinowna.

XXII- N. de Francheville

 A compléter